Film de Raoul Ruiz « La maison Nucingen »

Film de Raoul Ruiz « La maison Nucingen »

mercredi 16 nov. 2016 - 20h00 - Cinéma Caméo

Projection d'un film de Raul Ruiz « La maison Nucingen ».

En partenariat avec The Bloggers Cinema Club

Les spectres de Raul Ruiz. La Maison Nucingen ( 2009)

Raul Ruiz (1941-2011), cinéaste chilien exilé en France après le coup d'État du général Pinochet en 1973, a construit une œuvre immense, protéiforme, parfois difficile à comprendre univoquement.
Indifférent aux modes, excentrique,souvent qualifié de cinéaste « baroque », ses films s'apparentent à ces cabinets de curiosités qui regorgent d'anomalies décapantes, tant la frontière entre le le réel et l'irréel se brouille.
Cependant, s'il est une donnée permanente de son cinéma, c'est celle de la spectralité.  Que l'on songe aux Trois couronnes du matelot (1983), aux Trois vies et une seule mort ( 1995) ou encore à L'hypothèse du tableau volé (1979), pour ne reprendre que les plus connus de ses longs métrages, la question de la « réalité des spectres » est posée. Et La maison Nucingen est peut-être le film qui ,enchevêtrant le plus les différents niveaux de réalité, va intégrer les spectres à la réalité ordinaire.

Entretenant un lointain rapport avec la nouvelle éponyme de Balzac, La Maison Nucingen semble opérer un retour au cinéma fantastique que Ruiz admirait .
Un homme, dont la femme est atteinte d'un mal mystérieux, gagne au poker une vieille maison au Chili.Il s'embarque avec son épouse pour un long voyage afin d'y habiter.
Quand ils arrivent, ils sont reçus par les proches de l’ancien propriétaire qui habitent là-bas, des personnages étranges aux comportements parfois illogiques, aux affections bizarres.  Tout de suite, le couple note qu'il y a « des esprits » dans la maison. Le fantôme d'une jeune femme morte récemment, notamment, semble hanter les lieux et s'imposer progressivement aux nouveaux propriétaires, incarnés par Jean-Marc Barr et Elsa Zylberstein.
La maison apparaît alors comme un univers autonome, dont les lois ne sont pas celles de la « réalité ». Ruiz va intégrer les spectres à la réalité ordinaire, en leur donnant un aspect parfois burlesque, et le spectateur peut acquérir la certitude que la mélancolie dont souffre la femme du héros va se repaître de ces visions surnaturelles, quand elle ne les déclenche pas.

    La Maison Nucingen
    France, Chili, Roumanie - 2009
    Réalisation : Raoul Ruiz
    Scénario : Raoul Ruiz, d'après le roman éponyme de Balzac
    Interprétation : Jean-Marc Barr, Elsa Zylberstein, Laure de Clermont-Tonnerre